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Pour une stratégie d’intégration des réfugiés (02/01/2018)

Peut-on attendre des personnes migrantes qu'elles s'intègrent à la société française sans refonder la politique d'accueil actuellement menée par l'Etat ? Sans surprise, le Service Jésuite des Réfugiés (Jesuit Refugee Service) affirme : " Tout ce qui contribue à fragiliser un public déjà vulnérable ou à ralentir la reconnaissance de leur statut compromet les possibilités d'intégration ".

Le rapport remis le 13 décembre 2017 à Aurélien Taché, député LREM chargé par le Gouvernement de définir les réorientations nécessaires de la politique d'accueil et d'accompagnement des étrangers en France, fournit une analyse approfondie du « modèle allemand ». Le Président Emmanuel Macron n'a-t-il pas exprimé son souhait de se rapprocher de la politique d'accueil des réfugiés mise en place en Allemagne ?

Pour Antoine Paumard, sj., directeur du JRS France, la clé réside dans « une politique linguistique ambitieuse ouverte à l'interculturel et un meilleur accès à la formation professionnelle ».

Divisé en 4 parties - politique linguistique ; accès à l'enseignement supérieur et à la formation professionnelle ; dimension interculturelle ; respect des droits des personnes - le rapport fait de plusieurs recommandations pour chacune.

Ainsi le JRS demande-t-il d'inclure l'enseignement du français parmi les missions des centres d'accueil pour migrants, afin de démarrer l'apprentissage du français dès la demande d'asile, et non pas une fois le statut de réfugié accordé... au bout de 13 mois (en moyenne).

Pendant ce temps d'attente, les Jésuites proposent également d'admettre les demandeurs d'asile dans les parcours de formation professionnelle, les parcours de service civique.

Concernant la dimension interculturelle de l'intégration, ils soutiennent la mise en place d'un « pass culturel » pour les réfugiés, idée lancée par un collectif d'artistes (Le Monde, 9 septembre 2017).

Enfin, pour mettre en œuvre une véritable politique d'accueil, le JRS recommande la nomination d'un délégué interministériel à l'intégration, en charge de la définition et de la coordination d'une stratégie d'intégration entre les différents acteurs : ministères, collectivités locales, institutions, associations et société civile.

Le rapport s'appuie également sur la parole d'experts : Frédéric Worms, professeur de Philosophie à Normale Sup ou encore Frédéric Mion, directeur de Sciences Po (qui a apporté son soutien à la réalisation du rapport) mais aussi Jacques Toubon, Défenseur des droits.

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